Comment même les femmes les plus intelligentes passent leur temps à s’autosaboter

Est-ce que vous avez parfois l’impression de saboter ou de minorer tout ce que vous faites, notamment quand ça commence à bien marcher ou que l’enjeu devient important? De ne pas réussir à faire passer correctement vos messages, ou faire valoir ce que vous accomplissez?

Et si vous aviez une légère tendance à l’autosabotage?

Connaissez-vous votre valeur?

Voici une petite histoire tirée de mon expérience. Une jeune femme de 30 ans, diplômée et ayant acquis une certaine expérience était convoquée à quatre entretiens différents pour le même projet mais dans des entités géographiques différentes et avec des enjeux divergents.

Après trois entretiens, elle pensait les avoir tous ratés. Durant un des entretiens, un manager présent lui a parlé d’un poste à responsabilités supérieures dans la même entité, sous-entendant que ce serait certainement une meilleure opportunité pour elle au regard de son parcours et de ses compétences.

Lorsqu’elle m’a appelée pour débriefer l’entretien, elle m’a dit:“Ca ne va pas marcher! En plus, ils m’ont parlé d’un autre poste pour lequel je n’ai pas du tout les compétences, je n’ai pas compris!”

Cette perche était pour elle complètement hors de propos. Je l’ai laissée parler, prise dans l’émotionnel, focalisée sur l’idée qu’elle avait raté l’entretien. Après un long silence, je lui ai posé une question:

  • Est-ce que ce poste n’était pas intéressant? ou mieux payé?
  • Si bien sûr, mais bon ce n’est pas le sujet
  • Alors qu’est-ce qui fait que vous n’avez pas saisi cette perche?
  • Je n’ai aucune expérience managériale!
  • Oui mais eux ont pensé que vous pourriez être qualifiée!”
  • …grand silence…”

Au bout du fil j’ai entendu de la sidération. Elle avait simplement, par sa propre perception, complètement éludé la question de cet autre poste. Parce qu’elle s’était positionnée dans une vision restreinte d’elle-même, elle n’avait même pas pu considérer le fait qu’on puisse lui proposer plus intéressant. Elle avait raté les trois précédents puisqu’elle était évidemment surqualifiée!

Des excuses, encore des excuses

Il existe aussi des femmes qui voudraient lancer leur activité ou reprendre un travail, notamment après avoir élevé leurs enfants…et que la peur de l’échec aide à trouver tout une série de belles excuses pour ne pas y aller alors même qu’elles sont complètement qualifiées. Voici quelques exemples de phrases typiques:

  • Il y a trop de concurrence sur cette activité! Pourquoi les gens viendraient me voir?
  • Oui je vais le faire mais pas avant que mes enfants soient partis
  • Pas tant que je n’aurai pas mon diplôme officiel
  • Oui, mais d’abord il faut que tout soit parfait
  • Ce n’est pas vraiment le moment, on n’a pas beaucoup d’argent

Réussir brillamment à échouer!

Soyons honnêtes: nous passons notre temps à faire ça! Par peur d’échouer, de réussir, de subir le regard des autres. Et nous construisons des scénarios tous plus fantaisistes, que nous passons notre journée à nous raconter!

Et chaque jour davantage, nous devenons notre pire ennemi.

Nous croyons faire au mieux pour atteindre notre objectif conscient mais nous mettons en réalité tout en œuvre pour en atteindre un autre. C’est donc avec succès que nous allons nous auto-saboter, pour légitimer notre croyance inconsciente se résumant le plus souvent par « Je ne le mérite pas, je ne suis pas capable, ce n’est pas pour moi ».

Car que se passerait-il si nous devions vivre l’échec sur une tentative ambitieuse correspondant à nos désirs profonds? Nous imaginons probablement que la souffrance serait terrible. Notre croyance serait alors confirmée!

” Un autosaboteur est d’une incroyable habileté pour nous convaincre dans un dialogue intime, avec des raisons très argumentées, de faire quelque chose qui ne sera pas bon pour nous, ou de ne pas faire quelque chose qui serait bon pour nous. De développer une argumentation bien ficelée pour nous pousser à imaginer, par anticipation terrifiante, les conséquences négatives qui pourraient nous arriver si nous persistions dans notre orientation première.”

Jacques Salomé, Comment nous libérer de nos auto sabotages

Que devrions-nous faire pour cesser ce type de comportements?

  • D’abord, connectez-vous à vos rêves: demandez-vous réellement ce que vous voulez. Sans vous limiter. Sans chercher à vous mettre une barrière immédiate alors même que vous n’avez pas fini votre phrase.
  • Ensuite, monitorez-vous: observez vos pensées et dialogues sabordeurs. Cherchez vos phrases parasites et limitantes “je n’ai aucune chance d’être pris”; “je n’y arriverai pas”; “je n’ai pas le profil”; “la dernière fois que j’ai fait ça, j’ai raté”. Vos pensées d’auto-sabotage ne sont qu’une création de votre mental. Elles sont comme des boulets à vos pieds qui vous empêchent de réussir et d’avancer vers vos objectifs. Cherchez les contre-exemples dès que vous repérez une auto-limitation: “Je connais quelqu’un qui avait les mêmes chances que moi et qui a réussi”.
  • Observez vos attitudes et comportements: demandez-vous s’ils vous servent ou vous desservent, si vous les utilisez depuis si longtemps qu’ils sont devenus des automatismes. Cherchez ce que vous pourriez faire autrement et quelles stratégies vous n’avez pas encore testées.
  • Enfin, cherchez les raisons qui font que vous vous auto-sabotez ou que vous pensez ne pas mériter telle ou telle carrière. Peut-être que vous avez peur tout simplement. Ou que vous avez été si conditionné par votre environnement que vous pensez que dépasser le périmètre que vous connaissez va vous mettre en danger. Peut-être aussi que pour des raisons qui vous appartiennent, vous avez peur de décevoir votre environnement ou qu’en ne satisfaisant plus les autres avant vous, vous n’allez plus être aimée.

En vous observant attentivement et en essayant de nouvelles choses jour après jour, vous allez comprendre que seules vos peurs vous enferment et que vous êtes finalement évidemment capable de réussir. Sûrement même au-delà de vos espérances.

Enfin évidemment, ce genre de problématique existe aussi chez les hommes. Il s’agit simplement de cas de figure que j’ai rencontrés plus souvent chez les femmes.

Si vous êtes parfaitement qualifié, c’est que vous ne visez pas assez haut!

 

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