Et si nous avions toujours le choix?

J’ai récemment animé une formation pour un groupe de cadres. Nous évoquions les motifs d’insatisfaction qu’ils ressentent quotidiennement dans leur travail. Au bout d’un moment, j’ai vu que nous arrivions dans une impasse. Faute de réponses satisfaisantes apportées par leur Direction, il existait beaucoup de facteurs d’insatisfaction. J’ai avancé le fait que lorsque tout a été tenté et que l’insatisfaction dépasse (et souvent de très loin) le plaisir, notre liberté suprême est encore de pouvoir partir.

Une personne m’a gentiment m’a prise à parti en disant que c’était bien beau, que les conditions n’étaient pas si faciles, qu’il avait des enfants. Et que tout ça “c’étaient de beaux discours” mais que ce n’était “pas possible”. C’était une personne intelligente et sympathique, avec des valeurs. Et aussi bloquée dans des croyances limitantes.

J’ai maintenu le postulat selon lequel nous avons toujours le choix. Que nous sommes responsables de notre vie. Et que les seules choses sur lesquelles nous n’avons pas de prise sont les autres, les événements extérieurs, (quoique, j’ai encore le choix de la perception et du sens que je veux y donner) et la maladie.

Chaque moment de notre journée est ponctué de décisions, petites ou grandes. Celle de donner une tonalité peut-être très différente à notre journée que la manière dont elle est en train de commencer, par exemple. Car, à chaque instant, nous avons le pouvoir de changer notre perception de notre vie, et du sens que nous voulons lui donner.

Prenons l’exemple volontairement simpliste de ce manager qui travaille dans une usine de production. Sa problématique est d’avoir une charge de travail trop intense. Une de ses premières décisions pourrait être de demander de l’aide à sa hiérarchie (choix 1). Sa hiérarchie lui opposant un non, il pourrait décider d’utiliser une autre stratégie: celle de la fermeté (convocation du N+1 et N+2 avec mail) (choix 2). Si sa hiérarchie faisait encore la sourde oreille, il pourrait décider de gérer ses priorités différemment. Par exemple, en faisant passer son bien-être avant les urgences de la société (choix 3), en partant plus tôt et en ne répondant plus au téléphone le soir. Dans le cas où cette solution devenait source de problèmes, notre cadre aurait encore le choix (numéro 4) de retourner voir la Direction pour être sûr qu’aucune aide ou mise en oeuvre différente du travail n’est possible. Si enfin, voyant que les solutions proposées n’étaient que des pansements sur des jambes de bois, notre manager pourrait tout simplement décider de chercher du travail ailleurs (choix 5). Et de décider d’accepter un poste suite à ses candidatures (choix 6).

Peut-être même que tous ces scénarios pourraient être différents et mener à la même chose: prendre la décision d’arrêter de subir, de se plaindre et de trouver des excuses.

Dans la discussion, une autre personne du groupe a partagé quelque chose avec le groupe : « quand ça allait mal, j’ai fait ma lettre de démission et je l’ai conservée sans l’envoyer. Ca m’a fait un bien fou de juste savoir qu’elle était là et qu’elle pourrait être prête à partir quand ça irait trop mal”.

Vous savez pourquoi ça fait du bien? Parce que même si les grands changements ne se font certes pas en un claquement de doigts, savoir que nous avons non seulement la capacité -mais aussi le pouvoir de le faire- nous enlève un poids immense: celui de la résignation.

C’est probablement en prenant conscience de cela que nous avançons vers ce que nous voulons vraiment, en responsabilité.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

code