Vous êtes en pleine recherche d’emploi, en questionnement sur votre carrière, ou simplement en train de sentir que quelque chose ne va plus — et pourtant, quand on vous pose la question « Que voulez-vous vraiment ? », vous restez sans réponse.
Ce n’est pas un manque d’ambition. C’est un mécanisme très courant, et souvent inconscient. Trouver ce que l’on veut vraiment est en réalité l’une des questions les plus difficiles qui soit — précisément parce que nos sociétés nous ont appris à brider nos désirs avant même de les formuler.
« Il n’est pas de vent favorable pour celui qui ne sait où il va. » — Sénèque
Pourquoi nous ne savons pas ce que nous voulons
Dans nos conversations quotidiennes, nos échanges restent souvent en surface. Nous ne connaissons pas les aspirations profondes de nos interlocuteurs — ni les nôtres, d’ailleurs. En effet, poser des questions directes sur les désirs et ambitions est encore perçu comme intrusif dans beaucoup de contextes. Par conséquent, nous ne développons jamais vraiment l’habitude d’aller chercher ce qui nous anime profondément.
Or, c’est précisément ce manque qui crée le blocage. Quand le changement s’impose, nous cherchons instinctivement des solutions — avant même d’avoir défini ce que nous voulons obtenir. Autrement dit, nous répondons à des questions que nous ne nous sommes pas encore posées. Et nous construisons des objectifs qui ne nous ressemblent pas.
Ajoutez à cela notre tendance naturelle à auto-censurer nos désirs. Combien de fois, en commençant à rêver, vous dites-vous presque immédiatement « ce n’est pas possible » ? Ou, quand vous pensez à un salaire qui vous conviendrait vraiment, une petite voix murmure « non, c’est trop » ? Cette capacité à brider nos espoirs est, pour l’essentiel, inconsciente. C’est pourquoi elle est si difficile à détecter.
Tout commence par un rêve — et la science le confirme
Si vous ne vous demandez pas ce que vous voulez idéalement, comment obtiendrez-vous ne serait-ce que le début de ce qui pourrait vous convenir ?
Une étude de l’Université de Colombie-Britannique, citée dans la Harvard Business Review, montre que la rêverie éveillée active les structures cérébrales dédiées à la résolution de problèmes complexes. Concrètement, laisser votre esprit vagabonder sans contrainte n’est pas une perte de temps — c’est un acte cognitif puissant. C’est dans cet espace que les vraies directions émergent.
Partez toujours de très haut
Quand nous définissons des objectifs, nous restons souvent au niveau de l’environnement immédiat : le poste disponible, le salaire du marché, ce que notre entourage considère comme raisonnable. C’est pourquoi ces objectifs ne nous font rien vibrer — ils ne sont pas les nôtres.
Pour trouver ce que l’on veut vraiment, il faut au contraire partir de l’idéal — du parfait, de l’improbable même. C’est seulement à ce niveau que vous touchez ce qui vous anime profondément. Il sera toujours temps, ensuite, d’être pragmatique. Mais commencer par le réaliste, c’est se condamner à viser trop bas.
Un exercice concret pour se reconnecter à ses désirs
Posez-vous ces questions sur quatre domaines : travail, argent, relations, épanouissement personnel.
- Si tout était possible et sans aucune contrainte, que ferais-je ? Où voudrais-je être ? Avec qui ?
- S’il n’était pas question d’argent, à quoi emploierais-je mes talents et compétences ?
Soyez précis — sur les environnements, les chiffres, les situations concrètes. Plus vous êtes spécifique, plus l’exercice est utile. Pour les plus visuels, constituez un tableau avec des images découpées dans des magazines qui représentent la vie que vous voudriez. Ce n’est pas naïf — c’est un outil de projection qui contourne la censure du mental rationnel.
Une précaution essentielle : ce que vous voulez doit dépendre uniquement de vous. L’objectif n’est pas de changer votre manager, vos collègues ou votre organisation. C’est de définir ce que vous pouvez faire, vous, pour avancer vers ce que vous voulez.
De l’idéal à l’action
Une fois que vous avez répondu à ces questions, vous pouvez commencer à décliner vos objectifs de manière concrète — en les rendant progressivement réalistes, hiérarchisés, actionnables.
Mais dans cet ordre précis : d’abord l’idéal, ensuite le réaliste. Pas l’inverse.
Avant d’être des adultes raisonnables et limités, donnons-nous encore un peu le temps de rêver.
Si vous avez du mal à répondre à la question « que voulez-vous vraiment ? » et souhaitez y travailler sérieusement, un premier échange offert peut être un bon point de départ.

